dimanche 15 mai 2011
Appel des résistants gaullistes aux dirigeants de la France pour une justice sociale
Le 8 mars 2004, treize vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre lançaient un " Appel aux jeunes générations "dénonçant notamment " la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération ". Cette tendance régressive s'accélère dramatiquement. Nombre de citoyennes et citoyens s'en indignent.
Partout la prise de conscience que les valeurs, toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance, ouvrent l'espoir qu'un mieux-vivre ensemble est possible. Il est aujourd'hui concevable de définir un nouveau "programme de la Résistance" pour notre siècle. Au lieu de cela, le débat public qui s'annonce avec les élections de 2012 semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d'intérêts particuliers sans traiter :
• des causes politiques des injustices sociales,
• des raisons des dérégulations internationales,
• des origines des déséquilibres écologiques croissants.
Comme en 2004, nous souhaitons que tous les citoyens, tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations participent à l'élaboration d'un Projet de Société du 21ème siècle en repartant du programme du CNR " Les jours heureux " adopté le 15 mars 1944.
Ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l'identité républicaine française.
Avec l'association " Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui " nous appelons tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à un mandat public dans le cadre des élections présidentielle et législatives de 2012 à prendre trois engagements qui mettront réellement en application la devise républicaine " LibertéEgalité Fraternité ".
Premièrement, afin de garantir l'égalité :
Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale. Possible en 1944, cette démarche l'est d'autant plus aujourd'hui, alors que le pays n'a cessé de s'enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l'éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l'égalité républicaine. Une égalité qui n'a de sens que dans le respect du droit des étrangers.
Deuxièmement, afin de garantir la liberté :
• Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.
• Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l'action de la société civile sera reconnue, et restaurer les conditions du principe d'ailleurs défini à l'article 2 de la constitution actuelle : " gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ".
• Garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d'argent comme en 1944.
Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d'" Assemblée constituante " vers de nouvelles pratiques républicaines.
Troisièmement, afin de garantir la fraternité :
Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine. Ecarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l'être humain comme l'eau, la nourriture et l'énergie. Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute nécessité de l'épanouissement du plus grand nombre et d'offrir une perspective d'avenir prometteur aux jeunes générations.
Plus que jamais, comme le proclamait en 2004 l'Appel des Résistants aux jeunes générations, à ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection : " Créer c'est résister. Résister c'est créer ".
Les signataires : Raymond Aubrac, résistant ; Stéphane Hessel, résistant, déporté ; Marie-José ChombartDe Lauwe, résistante, déportée, présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation ; Daniel Cordier, résistant, secrétaire de Jean Moulin ; Georges Séguy, résistant, déporté ; Walter Bassan, résistant, déporté ; Henri Bouvier, résistant, déporté ; Léon Landini, résistant FTP MOI ; Pierre Pranchère, résistant ; François Amoudruz, résistant, déporté, membre de la présidence nationale de la FNDIRP ; Jean Marinet, résistant, déporté, président de la FNDIRP de l'Ain ; Noëlla Rouget, résistante, déportée ; Odette Nilès, résistante, ex-fiancée de Guy Moquet ;Charles Paperon, résistant, co-président de l'ANACR Finistère ; Pierre Moriau, résistant.
samedi 26 mars 2011
Projet d'avenir pour la reconstruction de l'Hôpital de Clermont de l'Oise
Pourquoi nous pouvons rêver de la construction du nouvel Hôpital Général de Clermont de l’Oise en orientant différemment l’activité principale ?
Parce que :
- Nous assistons à la régionalisation progressive du système de santé en Europe. Elle a pour but d’améliorer la rentabilité par un contrôle administratif régional de l’assurance maladie en optimisant les dépenses et les moyens. (Cf. Espagne, Allemagne, etc.)
- La politique hospitalière actuelle fait de sorte que la chirurgie programmée soit orienté vers les Cliniques privés du Département : Beauvais, Chantilly et Compiègne.
- L’orientation de l’activité médicale des Hôpitaux du territoire de santé du sud de l’Oise se fait vers la médecine interne et la gérontologie en détriment de la chirurgie.
- La diminution de la chirurgie programmée sur les sites hospitaliers du sud de l’Oise ne justifie pas les coûts de fonctionnements actuels. Ils sont tous en déficit chronique. L’évolution logique est le regroupement de l’activité chirurgicale.
- La mutualisation de la chirurgie d’urgence dans le département de l’Oise devienne incontournable si nous aspirons à la maîtrise du coût de fonctionnement, et si nous envisagions de moderniser les moyens mis à disposition pour soigner nos concitoyens.
L’Oise compte avec 800.000 hab. La projection future va vers l’augmentation de la population active.
- Il est démontré en chirurgie et conseillé par les sociétés scientifiques de travailler en groupe. Le travail en équipe améliore la prise en charge des patients. Plus d’activité sur un site est synonyme de rentabilité et de qualité de soins.
Pourquoi un Centre Chirurgical type « Trauma Center » à Clermont de l’Oise :
Parce que :
- Il existe un projet de construction d’un nouvel Hôpital sur le site de Clermont de l’Oise. Construire la même structure que les Hôpitaux de voisinage est un « non sens » médical, économique et politique.
- La situation géographique centrale de Clermont est idéale avec des voies d’accès routières et ferroviaire rapide. Nous avons la possibilité de regrouper l’activité chirurgicale des Hôpitaux de Beauvais, Clermont, Compiègne, Creil et Senlis dans un rayon de 50 km mutualisant les moyens humains.
Travaux à prévoir pour se projeter vers l’avenir
- Construction du site de Clermont prés de la gare du chemin de fer
- Liaison ferroviaire entre Compiègne et Clermont, activation de l’ancienne voie par un moyen de transport type tramway.
- Liaison ferroviaire entre Beauvais et Clermont, (probable ligne aéroport Beauvais - aéroport Roissy)
- Liaison entre Clermont et le sud de l’Oise (voie rapide direction de Chambly).
Si nous sommes d’accord avec la proposition, parlons à nos responsables politiques.
Vivre à Clermont en Beauvaisis
dimanche 24 octobre 2010
Pourquoi défendre la réforme de la retraite
En démocratie le peuple délibère à travers ses représentants. Dans le fascisme ce sont les corporations que utilisent les mouvements de masses pour diriger la politique d’un gouvernement autoritaire sans tolérer opposition aucune.
Sommes-nous en démocratie ou dans les prolégomènes d’un fascisme ?
Devons –nous accepter le blocage du pays par un groupe de corporations en détriment du peuple qui travaille ? Malgré toute logique ces groupes populistes essaient de « défendre » ce qu’ils appellent d’acquis sociaux.
Serions-nous dans la même problématique sans la diminution de l’âge de la retraite en 1981 ? Par le passé le président Mitterrand, héritier des trente glorieuses, avait promulgué la réforme passant de 65 à 60 ans l’âge de la retraite.
Aujourd’hui la pyramide d’âges est devenue pratiquement un rectangle. Poursuivre la même politique de retraites serait suicidaire pour le système solidaire de répartition. Dans les dernières décennies l’espoir de vie des français a sensiblement augmenté. Les « acquis sociaux » deviennent une charge lourde et intolérable pour les jeunes, pour nos enfants.
Le déséquilibre entre cotisants et retraités s’explique par : La génération du « baby boum » qu’arrive à l’âge de la retraite, par le chômage français qui stagne à 14%. Chômage due en grande partie à la délocalisation des entreprisses. Délocalisation vers des pays avec un coût de main d’ouvre ne tenant pas en compte de la protection sociale. Pour un équilibre économique mondiale, il est indispensable compter avec des peuples éduqués, en France nous avons encore cette chance.
Deux solutions se dégagent logiquement : l’une l’allongement de la durée de cotisations comme chez nos voisins européens ou la diminution drastique du montant des retraites.
Dans une époque de globalisation économique, il nous reste comme solution rationnelle l’allongement de la durée de cotisation, d’autres l’ont fait avant nous. Notre génération souhaite arriver sereinement à la retraite. Notre devoir est de soutenir la reforme dans la forme présenté par le gouvernement démocratique élu par nos concitoyens.
vendredi 20 août 2010
Amnesty International France
04.08.2010
Communiqué de presse
SF 10 M 71
Paris, le 4 août 2010 – Alors que se sont multipliées ces derniers jours en France des déclarations et des propositions très préoccupantes sur divers sujets, notamment au plus haut niveau de l’Etat, Amnesty International France (AIF) appelle les autorités françaises à faire preuve de sang-froid.
Qu’il s’agisse de l’évacuation des campements illicites des Roms et des gens du voyage*, de l’extension des peines planchers, des peines incompressibles, de la déchéance de la nationalité française, de la responsabilité des parents lorsque des mineurs commettent des infractions ou de la décision d’« engager une guerre contre les trafiquants et les délinquants », AIF s’inquiète des graves conséquences que des décisions et des mesures présentes ou futures pourraient avoir sur les droits humains.
L’association demande aux autorités françaises de s’abstenir de prendre des mesures qui mettraient en danger les valeurs, les principes et les garanties juridiques qui sous-tendent l’ordre démocratique évoqué par la Déclaration universelle des droits de l’homme.
La protection des droits humains de tous ceux qui vivent en France ne passe ni par une déclaration de guerre, ni par des propos qui contribuent à jeter de l’huile sur le feu, ni par des lois de circonstance qui sont susceptibles d’accroître les discriminations, les injustices et les tensions et qui seraient, dans plusieurs cas, contraires aux engagements internationaux de notre pays.
Toute personne a droit à ce que règne un ordre tel que les droits et les libertés de chacun puissent être pleinement appliqués, peut-on lire en substance dans la Déclaration universelle des droits de l’homme proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948. Il appartient donc aux Etats de prendre des mesures pour que cet ordre démocratique soit respecté mais ceux-ci doivent agir dans le strict respect du droit international.
*Déclaration du 29 juillet, référence SF10 M70
Amnesty International France
Service presse - Aurélie Chatelard / Laure Delattre 01 53 38 65 77 - 65 41 / 06 76 94 37 05
Créée en 1961, Amnesty International (AI) est une association indépendante de toute tendance politique, de tout intérêt économique ou de toute croyance religieuse et qui s’appuie sur un réseau de plus de 2,8 millions de membres et sympathisants afin de promouvoir et défendre les droits humains dans le monde. Amnesty International a reçu le Prix Nobel de la paix en 1977. Amnesty International France (AIF) a été créée en 1971. Son financement repose essentiellement sur la générosité du public (près de 190 000 donateurs actifs), sur les ventes de produits de soutien et sur les cotisations de ses membres (près de 22 000). AIF est agréée par le Comité de la charte du don en confiance.
Pour en savoir plus : Réunion interministérielle sur la situation des gens du voyage et des Roms en France
samedi 3 octobre 2009
Hommage à Marek Edelman
AFP
02/10/2009
Le dernier commandant de l'insurrection héroïque du ghetto juif de Varsovie contre les nazis en 1943, Marek Edelman, est décédé à l'âge présumé de 90 ans en Pologne, où il avait décidé de rester malgré l'Holocauste.
La date exacte de sa naissance n'était pas connue. Mais ses papiers officiels ont retenu la date du 1er janvier 1919, considérée comme la plus probable.
"Je ne sais pas quel âge j'ai exactement", avait-il expliqué dans un entretien à l'AFP en 2007. "Mon père est mort quand j'étais tout petit, je n'ai presque aucun souvenir de lui. Ma mère est morte quelque années après, je n'avais personne pour me le dire".
Né à Homl, une ville maintenant située au Bélarus, dans une famille de Juifs engagés dans le parti socialiste juif Bund, le jeune Edelman est dès l'enfance imprégné de l'idéologie de ce parti ouvrier antisioniste de l'Europe de l'est.
Sa famille s'était installée à Varsovie quand il était tout petit.
"Varsovie est ma ville. C'est ici que j'ai appris le polonais, le yiddish et l'allemand. C'est ici, qu'à l'école, j'ai appris qu'il faut toujours prendre soin des autres. C'est aussi ici que j'ai reçu pour la première fois un coup dans la figure seulement parce que j'étais juif", avait dit Edelman quand il fut fait citoyen d'honneur de Varsovie en 2001.
Quand éclate la Seconde guerre mondiale, il se retrouve enfermé par les Allemands avec près d'un demi-million de Juifs dans le ghetto de Varsovie. Coursier dans un hôpital, il publie des revues clandestines du Bund dont il est devenu membre comme ses parents.
En avril 1943, les Allemands décident de liquider le ghetto où il ne reste plus que 60.000 Juifs, la majorité ayant déjà été déportée vers le camp d'extermination de Treblinka.
C'est alors que les organisations juives du ghetto décident d'attaquer les nazis dans un combat pour l'honneur.
"On savait parfaitement qu'on ne pouvait en aucun cas gagner. Face à 220 garçons mal armés, il y avait une armée puissante", expliquait Edelman.
"Nous, nous n'avions pour nous tous qu'une seule mitrailleuse, des pistolets, des grenades, des bouteilles avec de l'essence et tout juste deux mines dont l'une n'a même pas explosé", a-t-il raconté.
L'insurrection a pourtant duré trois semaines. Lorsque Mordechaj Anielewicz, 24 ans, le commandant de l'insurrection, pris au piège, s'est suicidé, c'est Edelman qui a repris le commandement pour les derniers jours de combats.
Pour venir à bout de l'insurrection, les Allemands ont décidé de brûler tout le ghetto, maison par maison. "Ce sont les flammes qui l'ont emporté sur nous, pas les Allemands", soulignait Marek Edelman.
Il a réussi avec quelques derniers combattants à sortir du ghetto le 10 mai par des égouts. Il a rejoint la Résistance polonaise. Plus d'un an après, il a participé en 1944 à l'Insurrection de Varsovie, qui coûta la vie à 200.000 Varsoviens, insurgés et civils, et se solda par la démolition quasi-totale de la ville par les nazis.
Après la guerre, il fait des études de médecine et devient un cardiologue connu. Bien que la majorité des survivants juifs aient émigré en Israël, lui a décidé de rester en Pologne.
"Il fallait bien que quelqu'un reste ici pour s'occuper de tous ceux qui y ont péri", répondait-il.
Il s'est engagé du côté de l'opposition anti-communiste dès les années 70, puis dans Solidarité, ce qui lui a valu d'être interné lorsque le général Jaruzelski imposa la loi martiale en Pologne le 13 décembre 1981.
A la chute du communisme en 1989, il est élu sénateur sur les listes de Solidarité puis de l'Union démocratique, parti fondé par le Premier ministre Tadeusz Mazowiecki dont il est resté un fidèle.
Depuis Lodz (centre) où il habitait, il n'a cessé jusqu'à sa mort de dénoncer le racisme et l'antisémitisme en Pologne et dans le monde.
samedi 19 septembre 2009
Annulation des Nuits de Feu à Chantilly. Lettre du Maire de Chantilly
Président
CONSEIL GENERAL DE L’OISE
1, rue Cambry
60000 BEAUVAIS
Le 3 juillet 2009
Monsieur le Président,
J’apprends avec surprise et consternation votre volonté de ne pas organiser l’édition 2010 des Nuits de Feu. Je l’apprends d’ailleurs avec d’autant plus de surprise et de consternation que la ville de Chantilly n’ a pas été tenu informée de vos intentions.
Nulle consultation en amont, nulle concertation, nul courrier d’explication. Vous vous êtes contenté de demander au nouveau directeur du CDTO, une fois la décision prise dans le plus grand secret, de téléphoner à mon premier adjoint. Vous conviendrez que cette méthode, que vous seriez le premier à dénoncer si vous la subissiez, trahit une certaine désinvolture vis-à-vis des élus.
Pour l’essentiel, il est évident que le report des Nuits de Feu sera interprété immanquablement comme leur fin et comme l’incapacité du conseil général de l’Oise à les organiser ; alors même que cette manifestation concourt, mieux que toute autre, au rayonnement de l’ensemble de notre département, à la promotion du conseil général de l’Oise et également de la ville de Chantilly, fleuron touristique de notre département. Elle est aussi un rendez vous populaire majeur et unique en France.
Nous pouvons craindre légitimement que pareil événement suscite les convoitises et finisse par être repris par une autre collectivité, certainement en dehors du département, ce qu’il faut à tout prix éviter.
Les Nuits de Feu sont un signe distinctif, presque identitaire, de ce que le département de l’Oise est capable de produire de mieux à la plus grande satisfaction de tous. Je rappellerai de surcroît que son succès dépasse de très loin nos frontières et participe à l’attractivité économique et culturelle de l’Oise.
C’est la raison pour laquelle je souhaite que vous reconsidériez votre décision et que vous installiez, dans les meilleurs délais, une équipe composée de l’ensemble des partenaires (Fondation pour la sauvegarde du Domaine de Chantilly, Institut de France, conseil général de l’Oise et la ville de Chantilly). Cette équipe aura pour mission de définir un projet pour 2010 prenant en compte les nouvelles contraintes liées aux travaux sur le Domaine.
Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de ma considération distinguée.
Eric Woerth
Maire de Chantilly
Copie :
SA Prince Karim Aga Khan - Aiglement
M. Gabriel de Broglie – Chancelier de l’Institut de France
Mme Danièle Clergeot - Directrice de la Fondation pour la sauvegarde et le développement du Domaine de Chantilly
Général Jérôme Millet – Administrateur du Domaine de Chantilly – Institut de France
vendredi 28 août 2009
Projet de la création d’un Hôpital publique dédié à la chirurgie au sud de l’Oise
Parce que :
- Nous assistons à la régionalisation progressive du système de santé en Europe. Elle a pour but d’améliorer la rentabilité par un contrôle administratif régional de l’assurance maladie en optimisant les dépenses et les moyens. (Cf. Espagne, Allemagne, etc.)
- La politique hospitalière actuelle fait de sorte que la chirurgie programmée soit orienté vers les Cliniques privés du Département : Beauvais, Chantilly et Compiègne.
- L’orientation de l’activité médicale des Hôpitaux du territoire de santé du sud de l’Oise se fait vers la médecine interne et la gérontologie en détriment de la chirurgie.
- La diminution de la chirurgie programmée sur les sites hospitaliers du sud de l’Oise ne justifie pas les coûts de fonctionnements actuels. Ils sont tous en déficit chronique. L’évolution logique est le regroupement de l’activité chirurgicale.
- La mutualisation de la chirurgie d’urgence dans le département de l’Oise devienne incontournable si nous aspirons à la maîtrise du coût de fonctionnement, et si nous envisagions de moderniser les moyens mis à disposition pour soigner nos concitoyens.
L’Oise compte avec 800.000 hab. La projection future va vers l’augmentation de la population active.
- Il est démontré en chirurgie et conseillé par les sociétés scientifiques de travailler en groupe. Le travail en équipe améliore la prise en charge des patients. Plus d’activité sur un site est synonyme de rentabilité et de qualité de soins.
Pourquoi un Centre Chirurgical type « Trauma Center » à Clermont de l’Oise :
Parce que :
- Il existe un projet de construction d’un nouvel Hôpital sur le site de Clermont de l’Oise. Construire la même structure que les Hôpitaux de voisinage est un « non sens » médical, économique et politique.
- La situation géographique centrale de Clermont est idéale avec des voies d’accès routières et ferroviaire rapide. Nous avons la possibilité de regrouper l’activité chirurgicale des Hôpitaux de Beauvais, Clermont, Compiègne, Creil et Senlis dans un rayon de 50 km mutualisant les moyens humains.
Travaux à prévoir pour se projeter vers l’avenir
- Construction du site de Clermont prés de la gare du chemin de fer
- Liaison ferroviaire entre Compiègne et Clermont, activation de l’ancienne voie par un moyen de transport type tramway.
- Liaison ferroviaire entre Beauvais et Clermont, (probable ligne aéroport Beauvais - aéroport Roissy)
- Liaison entre Clermont et le sud de l’Oise (voie rapide direction de Chambly).
Si nous sommes d’accord avec la proposition, parlons à nos responsables politiques.
Vivre à Clermont en Beauvaisis
jeudi 27 août 2009
La commune de Grigny la descente aux enfers de l'administration communiste
Cette situation, qualifiée d'"inextricable" par des experts, a conduit la préfecture de l'Essonne à prendre une mesure spectaculaire : selon nos informations, le préfet, Jacques Reiller, s'est substitué à la municipalité communiste pour régler le budget et vient de décider d'augmenter de 50 % les taxes foncières et de 44,26 % la taxe d'habitation dans la ville, suivant les recommandations de la chambre régionale des comptes (CRC) d'Ile-de-France. Cette mesure, qui prolonge des hausses de 3 % en 2007 et 10 % en 2008, également décidées par le préfet, s'accompagne de la réduction autoritaire des dépenses de personnel et des subventions aux associations.
Dans son avis sur Grigny, la CRC parle de "grave détérioration" des finances de la commune. La préfecture insiste sur le caractère "exceptionnel" de la situation. "En France, seuls deux ou trois précédents peuvent être évoqués", souligne le préfet délégué à l'égalité des chances, Eric Freysselinard. Au point que la préfecture reconnaît - avant même leur mise en oeuvre - que les mesures décidées seront insuffisantes : la hausse des impôts et les mesures d'économies devraient seulement permettre de faire redescendre le déficit à un peu plus de 10 millions d'euros.
Car Grigny n'est pas victime de la crise économique actuelle mais subit, sur le long terme, la dégradation du niveau de vie des habitants et les insuffisances de la politique de la ville. Un "effet de ciseaux" terrible, propre aux villes pauvres de banlieue : comme la population est très jeune (40 % de moins de 20 ans) et ne cesse de se paupériser (49 % de logements sociaux, 21 % de bénéficiaires de minima sociaux, etc.), les dépenses de la commune augmentent en permanence. Mais les ressources financières ne suivent pas : à nouveau comme la population est pauvre (revenu par habitant inférieur de 40 % à la moyenne), la ville dispose de recettes fiscales très limitées. "C'est tout le problème des banlieues françaises qui est résumé dans l'exemple de Grigny. Comment ces villes peuvent-elles s'en sortir sans solidarité budgétaire régionale ou nationale ?", interroge un expert des finances locales.
Un cauchemar financier quotidien pour les élus de Grigny, sous surveillance de la chambre régionale des comptes depuis 2003. "La commune est structurellement dans l'incapacité d'assumer correctement ses missions", plaide Philippe Rio, premier adjoint au maire. Notamment face à sa jeunesse : avec près de 750 naissances par an, 4 500 élèves en classes maternelles et élémentaires, la ville doit faire face à des dépenses comparables à celles d'une commune de 40 000 voire 50 000 habitants. D'où cette absurdité : alors que les résultats scolaires sont médiocres et que beaucoup d'enfants trainent seuls, le soir dans les rues, le périscolaire est réservé aux enfants dont les deux parents travaillent...
"On paye l'histoire de l'urbanisation des années 1960. Grigny était un petit village de 3 000 habitants. En six ans, avec la construction de la Grande-Borne et de Grigny-2, on est passé à 25 000 habitants sans qu'il y ait eu d'accompagnement de la part de l'Etat", raconte Philippe Rio. La ville subit aussi les conséquences de l'évolution de sa population. Les classes moyennes, qui payaient des impôts, sont progressivement parties, remplacées par des populations pauvres, non imposables, notamment des immigrés nouvellement arrivés, pour lesquels Grigny constitue une des portes d'entrée en France.
"Il y a eu, pendant très longtemps, un accord implicite entre l'Etat et la municipalité, analyse Pascal Troadec, un ancien adjoint communiste, passé dans l'opposition lors des dernières élections. D'un côté, l'Etat était très content de se débarrasser des populations difficiles et de les concentrer sur Grigny. De l'autre, la mairie en profitait pour se constituer une réserve électorale et faire du clientélisme". Un "donnant-donnant" confirmé par un responsable associatif : "On a circonscrit les problèmes sur Grigny. L'Etat se simplifiait la tâche. Les communistes étaient loin de s'en plaindre. Ça arrangeait tout le monde."
Conséquence de l'immigration, la population de la commune a augmenté. Avec beaucoup de sans-papiers. Et un nombre important d'habitants qui vivent, illégalement, dans des appartements sur-occupés. "L'Insee estime, dans son dernier recensement, que la ville compte 26 000 habitants. En réalité, nous sommes probablement plus de 30 500", explique Philippe Rio, reprenant les conclusions d'une étude indépendante. Un différentiel non pris en compte par l'Etat dans le calcul des dotations de fonctionnement, déterminées en fonction du nombre d'habitants. Soit un manque à gagner annuel de trois millions d'euros, selon la commune.
Face à ce constat, la municipalité a choisi le rapport de forces. Par deux fois, les élus ont refusé de voter leur budget, en 2007 et en 2008. Pour 2009, ils l'ont adopté mais en inscrivant des recettes qu'ils savaient être complètement fictives et en retenant des niveaux de dépenses irréalistes. Pour placer l'Etat "devant ses responsabilités" : "On a fait un budget revendicatif. Notre situation est exceptionnelle et suppose des moyens exceptionnels", clament les élus en demandant une subvention d'équilibre et des prêts à taux zéro. La préfecture a refusé ces demandes. D'abord parce qu'elle réfute le discours sur l'abandon de Grigny par l'Etat. "La commune est largement aidée depuis des années. Elle fait l'objet d'investissements considérables de la part de l'Etat", souligne le préfet délégué en donnant comme exemple les 370 millions d'euros prévus pour la rénovation urbaine. Ensuite parce qu'elle considère que la commune pourrait être mieux gérée. "Il y a un défaut de maîtrise des dépenses", constate la préfecture, reprenant les conclusions, sévères, de la CRC sur l'absence de rigueur budgétaire de la part de la mairie.
Les perdants sont les habitants. Notamment les derniers représentants des classes moyennes. Ceux que les opérations de rénovation urbaine tentent de faire revenir dans les quartiers, à coup de millions d'euros, pour apporter un minimum de mixité sociale. "La situation est ubuesque, dénonce Pascal Troadec, très critique sur l'attitude de la mairie comme sur celle du préfet. On cherche à attirer les classes moyennes mais on leur colle une hausse de 50 % des impôts. Comment voulez-vous qu'elles aient envie de venir ? C'est désespérant : on casse d'une main ce qu'on construit de l'autre."
Luc Bronner
Article paru dans http://lemonde.fr l'édition du 27.08.09.
vendredi 17 avril 2009
Décès de René Monory
remonter
Décès de René MONORY : un homme politique qui a transformé ses idées en projets ambitieux et réalistes
Avec la disparition de René MONORY, la France perd un grand élu qui incarnait la simplicité et la modernité.
Le garagiste devenu Président du sénat, s’éloignait des codes habituels. Outre l'image d'un autodidacte ayant gravi tous les échelons par son travail et sa propre volonté, il laissera également la marque de l'innovation en étant à l’origine de projets comme le Futuroscope.
Son bon sens et sa proximité avec les citoyens, aussi bien en tant qu’élu local, Ministre de l’économie mais aussi Président du Sénat, lui ont permis de transformer ses idées en projets ambitieux et réalistes.
Cette volonté d’entreprendre a marqué plusieurs générations d’élus et restera inscrite comme une belle leçon de pragmatisme.
A la famille et aux proches de René MONORY, le Mouvement populaire présente ses plus sincères condoléances.
Xavier BERTRAND Frédéric LEFEBVRE
Secrétaire général Porte-parole
Communiqué de l'UMP, le 11 avril 2009
mercredi 28 janvier 2009
Le nouveau Président américain Barack OBAMA
L’arrivée de Barack OBAMA, 44ème Président des Etats-Unis est un événement dont la portée dépasse le strict cadre du pays qui l’a élu. Son investiture aujourd’hui fait naître en Amérique et sur toute la planète des espoirs de progrès et confiance dans l’avenir.
L’UMP formule le souhait que Barack OBAMA confirme très rapidement cette attente d’une Amérique nouvelle et ouverte, oeuvrant avec tous ses partenaires à l’établissement d’un ordre mondial juste et garant de la paix.
Les défis auxquels notre monde est confronté supposent une action solidaire.
L’UMP souhaite donc dans ce cadre plein succès au nouveau Président américain.
Dominique PAILLE
Porte-parole
Communiqué du 21 janvier 2009
jeudi 6 novembre 2008
Guerre 14 - 18
L'Oise dans la Grande Guerre
Bruno Jurkiewicz / Le village de Tracy-le-Mont. La première Guerre Mondiale occupe une place importante dans l'histoire de l'Oise, occupé de septembre 1914 à mars 1917, notre département sera ravagé par les combats de 1918.
Dès la fin août 1914, L'armée allemande enfonce les frontières françaises et rejoint la route de Paris. Les troupes germaniques envahissent l'Oise, touchant le Noyonnais, ils dépassent Compiègne et atteignent Senlis.La contre offensive (du 6 au 12 septembre) française au départ de Nauteuil le Haudoin est une réussite (épisode des célèbres taxis parisiens !). La progression allemande est alors stoppée vers la Marne. Les troupes fixent un front dans le Noyonnais.La rive droite de l'Oise est occupée par les Allemands.
On entre alors dans une guerre de position qui va durer 30 mois : du 23 septembre 1914 à fin mars 1917. Le front se stabilise sur une ligne allant de Lassigny à Tracy-le-Val. La population des villages en première et seconde lignes est alors évacuée, les autres villes telles Noyon (en troisième ligne) sont occupées...Rappelez-vous l'appel au sursaut national dans les discours de G. Clémenceau "les Allemands sont à Noyon."
Le front de l'Oise n'est pas le centre des grandes opérations militaires. Jusqu'en 1918, le secteur se révèle calme.
Le 18 mars 1917, les troupes allemandes effectuent un repli sur la ligne Hindenburg(recul d'environ 40 kms). Ils laissent alors aux Français un secteur ravagé par la stratégie de la "terre brûlée" . La reconquête est de courte durée.Les Allemands passent de nouveau à l'offensive à partir du 21 mars 1918.
Trois batailles importantes vont alors se succéder :
- La bataille de Noyon (24-25 mars 1918 ) qui se solde par la perte de la ville par les Français,
- La bataille du Mont-Renaud (25 mars-30 avril 1918), durant laquelle la ville de Noyon est bombardée et incendiée par les Français.
- La bataille du Matz (juin 1918 à la reconquête) L'état-major allemand suspend les attaques jusq'au 9 juin 1918. Il lance alors une offensive sur le front Montdidier-Noyon. l'Oise va désormais subir de terribles combats. L'armée germanique progresse rapidement jusqu'au Matz. C'est une nouvelle guerre de position qui commence ... Elle cesse le 9 août 1918 lorsque l'armée française libère Montdidier, le massif de Thiescourt, passe la Divelle et s'empare de Noyon. (29 août)
L'Oise est définitivement libérée après cinq mois de combats violents. Premier département redevenu français, l'Oise va devenir l'un des symboles de la Grande Guerre avec la signature de l'armistice en forêt de Compiègne, le 11 novembre 1918
mercredi 1 octobre 2008
Chères Clermontoises, Chers Clermontois,
Fidèles à notre esprit d’ouverture, nous jouerons un rôle d’opposition constructive. Cela signifie que nous voterons les mesures pertinentes proposées par la majorité mais que nous ferons entendre notre propre musique quand nous ne serons pas d’accord avec la politique menée.
Ainsi nous serons particulièrement attentifs à ce que la majorité actuelle respecte ses engagements de campagne. Malheureusement nous avons déjà constaté quelques entorses.
Tout d’abord un nouveau prélèvement fiscal va être instauré qui est la contrepartie de l’adhésion de la commune de Clermont à l’Etablissement Foncier de l’Oise. Or, la municipalité actuelle s’était engagée à ne pas augmenter les impôts.
De la même manière, l’équipe de Lionel OLIVIER avait promis de défendre le commerce local en menant une vraie politique volontariste en la matière. Or que constatons-nous ? Que les commerces continuent à fermer, comme le Bistrot Gourmand , place de l’Equipée, ou la Tour des Gloriettes, Rue de la République. Tout comme pour l’Espace Café fermé un an auparavant, la mairie n’a pas agi. Monsieur le maire a même indiqué qu’il ne pouvait rien faire alors même qu’il avait pris des engagements contraires durant la campagne. La seule action concrète engagée par la mairie sur le thème du commerce est le soutien apporté, dans le secret et l’obscurité, au projet de création d’un hypermarché avec une galerie commerciale au carrefour de Neuilly-sous-Clermont. Un tel projet, s’il se matérialise, portera probablement le coup de grâce au petit commerce clermontois.
Cela, nous, les membres de la Liste Clermont pour Tous, Clermont Autrement, ne pouvons l’accepter. C’est pourquoi, nous avons déposé, dans le livre de l’Enquête Publique, une motion dans laquelle nous signifions notre opposition à ce projet. Nous pensons donc qu’il fragilisera les commerces déjà existants mais que de surcroît, il ne créera pas du tout le nombre d’emplois annoncés : il s’agit en effet d’abord d’un transfert et non d’une création ; de surcroît les éventuels emplois créés sur ce site seront compensés par les pertes occasionnées dans les autres magasins.
Parce que ce sujet est particulièrement important et parce que la mairie y jour un rôle ambigu en faisant croire qu’elle ne le connaît pas alors qu’il est piloté par la Communauté de Communes du Clermontois dans laquelle siègent 14 élus de Clermont (mais aucun d’entre nous puisque la majorité n’a pas voulu nous accorder ce droit), nous souhaiterions que vous exprimiez votre opposition sur ce sujet.
C’est pourquoi, nous vous invitons à transmettre vos réactions en ce sens que nous apporterons à Monsieur le Maire lors d’un prochain conseil municipal. Pour ce faire, nous vous remercions d’adresser votre courrier à Maïté BIASON, 14 rue de Fay, 60600 Clermont.
Vous pouvez compter sur notre détermination. Nous vous prions de croire en l’expression de nos sentiments les meilleurs.
PS : nous tenons à dire que nous ne sommes pas les auteurs des affichettes placardées dans divers endroits de Clermont sur ce sujet.
mercredi 24 septembre 2008
Politique de la santé: réforme du système de soins
sur le thème de la politique de la santé
et de la réforme du système de soins
Bletterans – Jeudi 18 septembre 2008
Madame la Ministre, Chère Roselyne,
Monsieur le Ministre, Cher Alain,
Monsieur le Président du Conseil général,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Président de l’Association des Maires, Cher Jacques,
Et si vous le permettez Chers amis,
La santé est devenue l’une des toutes premières préoccupations des Français. La santé s’est considérablement améliorée au lendemain de la seconde guerre mondiale. Nous avons gagné près de quinze années d’espérance de vie depuis 1950, quinze ans, ce qui montre que l’argent investi a servi à quelque chose. Quinze d’espérance de vie depuis 1950 et le mouvement continue. Le vieillissement de la population française est du reste le résultat de la formidable amélioration de son état sanitaire. Mais la santé est aussi un bien fragile, précaire, et c’est pour cela que chacun d’entre nous quand il pense à sa propre santé, s’inquiète et se préoccupe. Ma responsabilité, celle du Gouvernement, c’est de prendre en compte l’attente des Français et de tout faire pour essayer de leur donner satisfaction.
Je voudrais d’abord rappeler dans quel contexte s’inscrivent ces attentes et vous dire ensuite quelles priorités j’entends fixer à l’action du Gouvernement en la matière.
Le contexte est marqué par plusieurs réalités qu’il nous faut analyser avec lucidité.
D’abord, il y a une réalité démographique incontournable. L’allongement de notre espérance de vie a des conséquences biologiques. La longévité n’est pas une maladie en soi, bien sûr, mais, avec l’âge peuvent apparaître toutes sortes de maladies dont nous ne souffrions pas jadis. Aujourd’hui, on assiste à l’émergence de nouveaux cancers, de nombreuses formes de malvoyance liées à l’âge, de la maladie
d’Alzheimer.
Nos modes de vie évoluent eux aussi. La sédentarité progresse. Jamais nous n’avons été aussi mobiles et pourtant jamais nous n’avons autant compté nos efforts physiques. C’est pour cela, chère Roselyne, que j’ai créé le ministère de la santé et des sports. Vous êtes bien placée pour savoir que j’y tenais tout particulièrement. Je n’aimais pas la répartition « sports et jeunesse », comme si le sport n’était que l’affaire des jeunes. Quand je fais du sport, je vois peu de jeunes. Je vois plutôt des gens de mon âge qui essayent de se maintenir. J’ai voulu marier la santé et les sports parce que le sport est un élément essentiel de la santé. Si nous n’érigeons pas le sport et l’activité physique au rang de nos habitudes, nous encourons dans les prochaines décennies un risque accru. Il ne suffit pas de le dire, il faut maintenant le mettre en oeuvre. Le ministère de la Santé et des Sports, c’est capital. Le sport est un élément de la santé. La lutte contre le dopage et la protection de la santé de nos athlètes sont un élément de la politique du sport.
On se demande pourquoi il a fallu attendre le gouvernement de
François FILLON pour prendre cette initiative ?
Nous devons compter enfin avec une réalité sociologique. Notre attitude à l’égard du monde de la santé a changé. Je le dis devant les représentants des différentes organisations syndicales qui sont ici, chaque jour, nous sommes plus exigeants. Chaque jour, nous voulons davantage de résultats. Chaque jour, nous sommes de moins en moins enclin accepter des drames comme celui de la radiothérapie à Epinal où nous étions encore, il y a quelques mois, ensemble, Roselyne. Nous sommes en droit
d’attendre pour notre santé un niveau de qualité et un niveau de sécurité encore meilleurs que celui dont nous bénéficions lorsque nous prenons l’avion ou lorsque nous sortons avec notre voiture. Il y a une exigence de qualité et de sécurité à l’endroit des prestations de santé jamais égalée jusqu’à présent.
La réalité médicale elle aussi change. Grâce aux progrès de la connaissance du génome humain, la médecine sera de plus en plus préventive. Elle permettra de déterminer à l’avance les risques de prédisposition de chacun de nous aux maladies communes.
Par ailleurs, le nombre et la complexité des maladies auxquelles la médecine est confrontée ne cessent de s’accroître. De nouveaux traitements sont développés pour des maladies rares autrefois parfaitement inconnues. Leur coût peut atteindre plus de 150 000 euros par personne et par an. Et j’imagine ce que peut représenter pour une infirmière une boite de médicaments qui vaut plus cher que le salaire mensuel qu’elle reçoit. Et je comprends naturellement qu’elle soit amenée à se demander,
face à l’explosion de ces coûts nécessités par la recherche, quelles en seront les conséquences ?
Dans le même temps, les maladies chroniques, qui touchent par millions nos compatriotes, sont en forte augmentation. Ces maladies représentent dans tous les pays développés 60 à 70% des dépenses de santé. Nous devons vivre, parfois notre vie durant, avec ces maladies dont on combat les symptômes mais dont on ne guérit pas.
Je voudrais rendre hommage à cette occasion aux médecins, aux autres professionnels de santé qui façonnent la réalité médicale de la France. Vous êtes notre fierté. Une fierté nationale. Nous sommes fiers de la qualité de votre formation. Nous sommes fiers de votre dévouement au service des malades. Et nous sommes fiers par-dessus tout de la faculté d’adaptation que les uns et les autres ont su démontrer.
Nous devons faire face, enfin, à une réalité économique. La santé est devenue un moteur de notre économie. Elle représente 11% de notre produit intérieur brut et près de deux millions d’emplois. Les industriels du médicament présents sur notre territoire contribuent pour près de six milliards d’euros à notre balance commerciale. La santé est un moteur de la création d’emplois et de richesses dans notre pays. La santé est un investissement pour la France.
Aujourd’hui, l’assurance maladie assure le financement de trois quarts des dépenses de santé. Dans quinze ou vingt ans, la part de la santé dans la richesse nationale pourrait se rapprocher de 15%. A l’exemple d’autres pays, nos dépenses de santé -deux cents milliards d’euros aujourd’hui- vont s’accroître de plusieurs milliards d’euros d’ici 2025 -deux cents milliards d’euros. Voilà ce que nous investissons dans notre santé. Nous devons nous demander si ces dépenses supplémentaires seront
employées à bon escient? Les dépenses supplémentaires sont inéluctables. Serons-nous capables de maintenir la solidarité nationale au niveau qui est le sien aujourd’hui ? C’est aujourd’hui qu’il faut poser la question, parce que demain il sera trop tard.
Pour que notre système de santé demeure solidaire, il faut prendre nos responsabilités. Et je suis le premier à devoir prendre mes responsabilités J’ai pris mes responsabilités en créant les franchises médicales le 1er janvier dernier. Cela n’a pas plu à tout le monde, mais j’y reviens, non pas pour m’excuser mais pour dire aux Français : regardez ceux qui sont responsables et qui prennent leurs
responsabilités et ceux qui sont irresponsables et qui refusent de les prendre. Les franchises, ce n’est pas une idée de Roselyne. C’est moi qui lui ai demandé de les mettre en oeuvre. En général, les Présidents, pas toujours, étaient derrière les Ministres, surtout quand ils annonçaient des bonnes nouvelles. Quand les Ministres annonçaient des mauvaises nouvelles, les Présidents étaient un peu plus loin. Moi, je ne suis pas derrière Roselyne, je suis devant. J’avais parlé des franchises médicales pendant ma campagne électorale. Cela ne se fait pas, de parler des mauvaises nouvelles avant d’être élu. Je l’ai fait. Que n’ai-je entendu ? J’observe tous les vertueux qui m’appellent à dépenser davantage sans avoir la moindre idée de la façon dont on trouve l’argent. En créant les franchises, je n’ai fait qu’anticiper les besoins de demain - le cancer, la maladie d’Alzheimer, les soins palliatifs. Je n’ai fait que rappeler que la solidarité nationale doit être confortée
par des ressources nouvelles. Et je n’ai fait qu’énoncer une évidence : la santé a un coût, dont le financement doit être repensé et réparti équitablement.
Ceux qui sont contre les franchises sont contre le financement du plan Alzheimer. Ils sont contre l’ouverture de nouveaux lits de soins palliatifs. Ils sont contre l’argent que l’on va donner pour le plan cancer. Si on veut dépenser plus, il faut trouver des recettes. Et je suis vraiment à l’écoute de ceux qui veulent me donner des idées. En tout cas, je ne suis pas venu pour dire que tout est facile et que tout
est possible. D’ailleurs si c’était facile les autres l’auraient fait avant moi. C’est incroyable ce que j’aurai dû déjà faire en 500 jours que les autres n’ont pas fait en 50 ans. Maintenant il n’y a pas le choix. Il faut décider et il faut assumer. Si nous voulons préserver un financement universel et solidaire de nos dépenses de santé, il faut que tout acte accompli le soit de la façon la plus économe
possible. 200 milliards d’euros dépensés dans la santé, on n’a pas les moyens de dépenser de l’argent pour rien. La performance de notre système de santé est la garantie de sa pérennité. C’est par la recherche constante de l’efficience que nous parviendrons à satisfaire la demande sanitaire des Français, tout en assurant des revenus satisfaisants aux professionnels de santé, le tout sans déstabiliser notre économie. Parce que moi je ne peux pas augmenter les cotisations pour renchérir le coût de l’emploi et accroître le chômage. Alors je veux renforcer la compétitivité de la France. Assurer le financement des dépenses de santé est un défi pour demain qui se joue aujourd’hui. C’est pourquoi je souhaite que l’assurance maladie revienne à l’équilibre en 2011. Pour y parvenir, nous aurons besoin de l’engagement résolu de tous. De tous. Et d’abord des complémentaires santé, qui doivent contribuer à l’amélioration de la qualité des soins, à la gestion du risque, à la maîtrise de la dépense, dans l’intérêt des assurés. Les négociations entre l’assurance maladie et les professionnels de santé associeront dorénavant les organismes complémentaires, en particulier dans les secteurs où ces derniers garantissent une prise en charge
importante, je pense à l’optique et au dentaire. C'est aussi pour cela que je souhaite que tous les professionnels de santé, en ville et à l’hôpital, s'impliquent davantage dans la maîtrise médicalisée des prescriptions. Je souhaite que l’assurance
maladie puisse proposer à la validation de la Haute autorité de santé des référentiels de bonne pratique dans les secteurs où nous constatons de profondes divergences dans le recours aux soins, par exemple en kinésithérapie.
L’hôpital doit lui aussi se sentir responsable de la maîtrise médicalisée. A l’image de ce qui existe pour les médecins libéraux, une convention nationale entre les médecins hospitaliers, l’assurance maladie, l’Etat et les fédérations hospitalières pourraient poser les fondements d’une meilleure régulation des prescriptions de l’hôpital exécutées en ville. Il n’y a pas de raison de demander aux uns et de ne pas demander aux autres.
Enfin, j'invite l'assurance maladie à intensifier la lutte contre les gaspillages, les abus et les fraudes. Elle doit s’appuyer sur de nouveaux instruments pour s’attaquer aux fraudes. Un mécanisme de pénalités planchers sera institué à compter de l’an prochain, sur le modèle de celui en vigueur pour lutter contre le travail illégal.
La politique de santé c’est une politique dont les résultats se jugent des années plus tard. Je le sais mais je ne veux pas différer davantage les réformes nécessaires. Il est de mon devoir d’engager aujourd’hui les réformes qui s’imposent pour préparer l’avenir. Il est de mon devoir de faire en sorte que demain nos enfants et soient dans le meilleur état de santé possible. C’est l’objet du projet de loi « hôpital, patients, santé et territoires » que Roselyne BACHELOT présentera au début du mois d’octobre, je crois, au conseil des ministres. C’est une grande nouveauté, jusqu’à présent, l’hôpital a été le grand absent de toutes les réformes, ce n’est pas un hasard, c’est parce que c’est difficile. Le débat au Parlement permettra d’améliorer encore le contenu de la réforme.
Le projet de loi favorisera une meilleure répartition de l’offre de soins de premier recours sur le territoire. Il y a plus de 200 000 médecins en activité dans notre pays aujourd’hui. Il n’y en a jamais eu autant. On compte 3,3 médecins en activité pour 1 000 habitants. La moyenne de l’OCDE est de 3. Mais je sais que la situation va se dégrader jusqu’en 2025, date à laquelle la densité de médecins aura retrouvé
son niveau de 1985. Mais dans l’intervalle chacun d’entre nous consultera plus souvent en moyenne son médecin. Il y a donc urgence à agir.
Le numerus clausus continuera donc d’être progressivement relevé. Mais il devrait être réparti entre les spécialités et entre les régions, en fonction de la démographie médicale et des besoins des territoires. A l’avenir, chaque région devrait définir elle-même ses besoins de formation médicale par spécialité. Le projet de loi introduit ce type de régulation, c’est une première que je soutiens de toutes mes forces. La solidarité nationale ne peut rester indifférente devant la question de l’inégal accès aux soins sur le territoire. Alors je pose la question : la solidarité nationale doit-elle garantir le même tarif au médecin généraliste d’une zone rurale fragile ou d’une banlieue difficile et au médecin spécialiste s’installant dans une agglomération suréquipée ? Je prends mes responsabilités : je ne le crois pas. J’en tirerai les conclusions. Les ressources de la solidarité nationale devront être mobilisées avec plus de discernement. Il est normal que l’on accorde des conditions, des tarifs ou des avantages meilleurs à un médecin qui s’installe à la périphérie de Douai qu’à un médecin qui s’installe dans le centre ville d’Aix-en-Provence. Ce n’est faire offense à personne que de dire cela. J’aime beaucoup Aix-en-Provence, mais j’ai plus de mal à trouver des médecins qui s’installent à Douai qu’à Aix-en-Provence. On doit également en tenir compte dans la rémunération. Je redis que des négociations conventionnelles sont en cours et j’en attends pour la fin de l’année des mesures opérationnelles permettant d’accroître l’offre médicale dans les zones qui en ont le plus besoin. Je n’accepte pas que certains de nos compatriotes n’aient pas une offre médicale digne de ce nom alors que dans d’autres quartiers certains, médecins n’arrivent plus à vivre tant la densitémédicale est importante.
Pour répondre aux attentes des Français, la coopération entre les professionnels de santé est indispensable. Je crois beaucoup au rôle des paramédicaux, en particulier des infirmiers, pour les soins de premier recours. Les infirmiers peuvent assurer toute une série d’actes qui surchargent les médecins. Je pense au suivi de routine pour les personnes atteintes de maladies chroniques. Et tout le monde sera gagnant : le médecin, qui pourra se recentrer sur l’acte qualifié ; l’infirmier qui pourra
mieux prendre en charge le patient. La coopération est un gage de qualité des soins pour tous. Le projet de loi de Roselyne BACHELOT étendra le principe des coopérations entre professionnels de santé en les sortant de leur cadre expérimental. L’expérimentation, c’était nécessaire, mais maintenant on va passer à la généralisation.
En réalité, la coopération entre médecins et infirmiers s’impose. Nous n’avons pas le choix. Alors que la démographie médicale va entrer dans une période difficile, celle des infirmiers, compte tenu des mesures prises ces dernières années, devrait connaître une nouvelle vigueur. Avec moins de huit infirmières pour mille habitants, notre pays est parmi les moins bien dotés de l’OCDE. L’augmentation de la densité des infirmiers ou infirmières, jointe à leur répartition plus harmonieuse sur le territoire, doit être la réponse aux attentes des Français. Dire cela, ce n’est pas faire de la démographie pour la démographie. J’y vois au contraire une opportunité unique de mieux organiser notre offre de soins. Je salue à cet égard la convention signée par l’assurance maladie et les infirmiers libéraux. Cet accord met en place, dans l’intérêt même de la profession, une régulation de l’installation. On rééquilibre l’offre en soins infirmiers entre les lieux où les professionnels sont installés en grand nombre et ceux où ils sont insuffisants.
Ecoutez, je viens ici en région, vous avez le mêmes droits dans cette région, dans ce département du Jura que ceux qui sont au centre de la capitale. Les maisons de santé, à l’image de celle que je viens de visiter, remarquable, à Bletterans, sont le lieu idéal de la coopération entre professionnels de santé. Les maisons de santé sont l’ossature du système de santé de demain. Elles offrent une réponse de proximité. Elles améliorent la qualité des soins grâce à la collégialité. Elles offrent aux professionnels des conditions de travail satisfaisantes. Là encore, les
ressources de l’assurance maladie seront orientées, je le dis, prioritairement vers ces structures. Nous voulons davantage de maisons de santé. La France est en retard sur ses voisins européens dans l’organisation des soins de premier recours. En
dehors des maisons de santé, d’autres organisations existent pour renforcer l’offre de soins de premier recours : les cabinets secondaires, les vacations, les remplacements. Je compte sur l’imagination des partenaires conventionnels pour accélérer le développement de l’ensemble de ces solutions. Il ne s’agit pas de passer du tout « hôpital » au tout « maison de santé », mais d’avoir une palette qui permette de diversifier l’offre.
Nous avons trop longtemps, je le dis comme je le pense, laissé les professions de santé autogérer leur démographie. Il est temps d’agir et de faire des choix. Si certains ont du mal à le faire, nous le ferons à leur place. L’accès aux soins pose, enfin, la question des honoraires médicaux. Je souhaite que tous les acteurs -
assurance maladie, médecins, assurances complémentaires - définissent avant la fin de l'année les modalités d'un secteur optionnel pour les chirurgiens, les obstétriciens et les anesthésistes du secteur 2.
Le secteur optionnel doit permettre un meilleur encadrement des tarifs que le secteur 2, assorti d’objectifs de qualité. Il doit aussi mettre fin à certaines injustices entre des praticiens qui, pour les mêmes qualifications et les mêmes diplômes, se trouvent dans des situations tarifaires extrêmement différentes. Les libertés tarifaires seront mieux prises en charge par l’assurance maladie et les
assurances complémentaires, ce qui permettra un meilleur accès aux soins. Pour que cette option soit retenue par le plus grand nombre, il faut que des avantages spécifiques y soient associés. Si les partenaires conventionnels ne parviennent pas à un accord sur ce sujet, l'Etat en tirera les conséquences et agira.
Les honoraires des médecins qui décideraient de rester en secteur 2 doivent-ils faire l’objet d’une régulation ? Je suis, vous le savez, très attaché à l’exercice libéral de la médecine. Nous devons tenir compte de la renommée exceptionnelle de certains praticiens qui font l’honneur et l’attractivité de notre système de santé. Il me semble cependant qu’une forme de régulation adaptée pourrait être envisagée. Nous devons apporter des solutions concrètes aux difficultés d’accès aux soins que
rencontrent les Français.
La seconde priorité que je fixe à notre politique de santé est la sécurité et la qualité des soins. La mission première du soignant, faut-il le rappeler, est d’assurer la sécurité de son patient. Je veux mettre en place une régulation du système de santé par la qualité.
Je sais bien que la sécurité et la qualité ne se décrètent pas. La qualité et la sécurité des soins se nourrissent d’abord de la recherche. Une recherche biomédicale d’excellence, soucieuse de sa valorisation, est la condition d’une médecine de qualité. Alors nous allons réexaminer notre modèle du centre hospitalier et universitaire (CHU). Nous devons nous demander si ce modèle, créé en 1958 par
le Professeur Robert DEBRÉ, est encore adapté et selon quelles modalités doit, dans l’avenir, s’exercer la triple mission d’enseignement, de recherche et de soins des CHU. L’autonomie désormais accordée aux universités et la recomposition de la recherche biomédicale créent les conditions du renouveau de nos hôpitaux universitaires. Je confierai prochainement une mission de réflexion à une commission créée sur le modèle de la commission « Robert DEBRÉ ». J’attends de cette réflexion des propositions courageuses, ambitieuses, pionnières.
Mesdames et Messieurs, vous l’avez compris, je ne laisserai dans l’ombre aucun élément du secteur de santé.
Le plan Alzheimer et le plan cancer ont été conçus, précisément, pour renforcer les liens entre la recherche biomédicale et les soins. Ces plans doivent accélérer, grâce à la recherche, la diffusion sur le territoire de diagnostics fiables et de prises en charge de qualité. C’est pour cela que je m’implique personnellement aux côtés de Roselyne BACHELOT dans ces plans de santé publique.
Les progrès permis par la recherche doivent bénéficier au plus grand nombre. Les bonnes pratiques doivent être l’objet de la formation continue des professions de santé. L’actualisation des connaissances théoriques n’a de sens que si elle va de pair avec une remise en cause des pratiques médicales au bénéfice du patient. Le projet de loi « hôpital, patients, santé et territoires » insiste à juste
titre sur l’importance de cette démarche qualité.
A l’hôpital, je souhaite que chaque établissement analyse avec attention les causes des accidents liés aux soins prodigués en son sein. Pour accélérer le mouvement, il faut que soient rendus publics, pour chaque établissement de santé, quelques indicateurs simples comme le taux de mortalité ou le taux d’infections. Je veux des résultats concrets. J’ai pour notre pays une véritable ambition : faire en sorte que dans chaque cabinet médical, dans chaque maison de santé, la qualité de la prise en charge des maladies chroniques dominantes – je pense à l’hypertension artérielle, au diabète, l’asthme ainsi que les affections psychiatriques. Le patient doit être un partenaire actif de la prise en charge de sa maladie. On ne peut pas tout attendre
des protocoles. Je place de grands espoirs dans l’éducation thérapeutique, qui permet au patient de mieux comprendre sa maladie et son traitement. Je veux saluer à cette occasion le président et les membres de la conférence nationale de santé, ici présents. Ils ont compris combien l’éducation thérapeutique est un facteur déterminant de notre état de santé.
La troisième de mes priorités pour la santé, c'est la prévention. Professionnels comme patients, nous devons passer d’une attitude purement curative à une culture de la prévention. Faisons de la prévention un nouvel état d’esprit, une médecine plus efficace, une médecine moins coûteuse.
Il n'y a que 7% des dépenses de santé qui sont consacrées à la prévention. Je souhaite que la part de la prévention dépasse 10% d’ici 2012.
La politique de prévention doit être le fer de lance du combat contre l’obésité. Celle-ci progresse à un rythme comparable à celui des Etats-Unis. Ce n'est pas la peine de moquer les Etats-Unis en la matière. Le nombre d'obèses dans notre pays augmente à la même vitesse qu'outre-Atlantique. En France, l’obésité touche 17 % des adultes et 4 % des enfants. La santé de nos enfants est en jeu. Je n'accepte pas que les enfants d’ouvriers ont dix fois plus de risque d’être obèses que les enfants de
cadres. Nous devons faire tout pour que ce fléau recule. La lutte contre l’obésité n’est pas l’apanage des seuls médecins ou des seuls acteurs de la santé publique. Elle est l’affaire de tous : parents, élus, enseignants, professionnels de santé, industriels, et medias. J’en appelle à la responsabilité de chacun. Je souhaite également qu’une politique de prévention ambitieuse permette de réduire le nombre de
décès avant 65 ans qui pourraient être évités. Enfin, j'ai été surpris de constater que notre taux de décès évitables avant 65 ans est le double de celui du Royaume-Uni. Ce n'est pas la peine d'expliquer que la santé là-bas est très mauvaise. J'aime mon pays passionnément, mais je le regarde tel qu'il est avec ses
atouts et ses faiblesses. J’attends du second plan cancer, chère Roselyne BACHELOT, qu’il permette de réduire l’exposition aux facteurs de risque évitables que sont l’alcool, le tabac et l’environnement. Dans votre projet de loi, vous avez raison, on interdira la vente d’alcool aux mineurs et on ouvrira la voie à de nouvelles mesures courageuses pour agir sur ces facteurs. On sait que ces facteurs tuent, à
nous de prendre nos responsabilités et d'engager une véritable politique de prévention.
Pour développer la prévention, le dépistage doit devenir une habitude. Il faut étendre à d’autres maladies les campagnes organisées pour le dépistage du cancer du sein. Je souhaite que chaque Français qui s’interroge puisse recevoir rapidement une réponse fiable. Il y a encore trop de cas d’errance diagnostique, trop d’années perdues. Nous ne pouvons plus accepter cela. Les filières et les réseaux doivent permettre d’orienter sans délai le patient vers le professionnel qui fera le bon
diagnostic.
La réforme de l’hôpital, issue du rapport de la commission présidée excellemment par Gérard LARCHER, que je remercie, est le quatrième volet de notre politique de santé. A Neufchâteau en avril dernier, j’ai défini le contenu de la réforme : évolution de la gouvernance, nécessité d’avoir un patron à l’hôpital -cela ne peut pas marcher s'il n'y a pas un patron, quelqu'un qui décide, qui prenne ses responsabilités- ouverture du recrutement des directeurs, extension du contrat pour les praticiens,
regroupement des hôpitaux publics au sein de communautés hospitalières de territoires, souplesses de gestion en matière de marchés publics ou de gestion immobilière. Le projet de loi reprend toutes ces mesures et j’en félicite Roselyne BACHELOT. En France, l’hôpital représente 64% des dépenses de soins, contre moins de 50% dans la moyenne de l’OCDE. Une partie des patients aujourd’hui pris en charge à l’hôpital pourrait être soignée en ville ou à domicile. L’hôpital doit se réorganiser pour privilégier les soins de recours et donner corps à de véritables filières de soins.
Cher Jacques PELISSARD, nous souffrons trop de l’éparpillement des ressources médicales et paramédicales. Dans une ville de 50 000 habitants, il n’est pas rare d’avoir chaque nuit jusqu’à cinq lignes de gardes de radiologie ou de chirurgie. Avons-nous les moyens de payer cela pour la santé des Français ? C’est médicalement inutile et absurde économiquement, alors que par ailleurs on a besoin d'argent pour
investir dans tant de priorités. Certains sites hospitaliers doivent se réorienter vers la prise en charge du grand âge ou du handicap adulte. Que personne ne doute de ma volonté de conduire cette réforme jusqu'au bout. Pour que l’hôpital s’adapte, son organisation doit gagner en efficacité et en souplesse. La réforme de l’hôpital donne de nouveaux outils aux acteurs hospitaliers. A eux de s’en saisir ! Les libertés nouvelles de gestion des hôpitaux auront pour nécessaire contrepartie une plus grande responsabilité. La maladie française, c’est de ne jamais savoir qui est responsable. Je vois bien les critiques sur moi. J'en vois beaucoup mais pas celle-ci. On trouve que je prends trop de responsabilités. Ce n'est que le début. Dans un pays où je trouve que les responsables n'en prennent pas assez, on ne peut pas vouloir être responsable et ne pas assumer ses responsabilités. Un chef, cela assume ses responsabilités. Les Français ont besoin de savoir qui décide et pourquoi. Si cela marche, on continue. Si cela ne marche pas, on est sanctionné. C'est la règle. Je veux que les comptes des hôpitaux fassent l’objet d’une
certification. Dans 64 % d'assurance maladie, on peut peut-être avoir des comptes certifiés, vérifiés, contrôlés. Je veux que les situations de déficit ne soient plus tolérées.
La réforme de l’hôpital va remettre les médecins au coeur du projet d’établissement. Les médecins peuvent compter sur moi, la réforme se fera avec eux. Mais je veux pouvoir compter sur eux, comme sur l’ensemble des personnels hospitaliers dont je n'ignore nullement la difficulté de la vie quotidienne. Je veux redire que les 35 heures ont profondément désorganisé l'hôpital français. Et que cela a conduit à l’aggravation des conditions de vie du personnel hospitalier même si, avec Roselyne
BACHELOT, comme je l'avais promis à Dunkerque, quasiment au lendemain de mon élection, on a résolu le problème des millions d'heures supplémentaires faites par le personnel hospitalier et qui n'avaient pas été payées. Ne pas les payer, ce n'est pas ma conception du travail. La réforme doit aussi accompagner tous ceux qui s’engagent dans le changement. Pourquoi ne pas permettre aux hôpitaux qui sont à l’équilibre, grâce aux efforts de tous leurs personnels, de redistribuer une partie des excédents ? A qui ? Aux salariés, au personnel hospitalier, et je ne vois pas pourquoi une politique d’intéressement, à laquelle je crois tant dans le secteur privé, ne s'appliquerait pas dans le secteur hospitalier ? C'est grâce à l'amélioration de sa productivité qu’un centre hospitalier réalise un excédent. Pourquoi ne pas en faire profiter l'ensemble des acteurs responsables ? Je n'ai pas peur des mots. Une politique d'intéressement du personnel médical ou paramédical me semble très adaptée à la définition d'un projet où la responsabilité, la qualité et la sécurité sont trois mots majeurs de l'état d'esprit de notre politique.
Le pilotage du système de santé est ma cinquième et dernière priorité. Les professionnels ont souvent une pratique isolée. Dans bien des cas, chaque acte est réalisé sans lien avec les autres acteurs du système de santé. Les interactions entre eux sont nombreuses mais mal utilisées. Bien gérées, elles amélioreraient la qualité de la prise en charge globale de la personne. Ignorées, elles entraînent
redondances, pertes de chances et dysfonctionnements. Il appartiendra donc aux futures agences régionales de santé, qui seront mises en place en 2009, de créer, voire d'imposer de la cohérence entre les acteurs. La gestion des urgences médicales et de la permanence des soins est emblématique de cet état de fait.
Que d’énergie consacrée par les préfets, les hôpitaux et l’assurance maladie en ce domaine ! Avec quel résultat ? Le doublement en quinze ans du nombre de passages aux urgences ! N'importe qui va n'importe comment, n'importe quand aux urgences. Nous pouvons mieux faire en rassemblant les compétences de l’Etat et de l’assurance maladie pour plus d’efficacité. Grâce à l’action des agences régionales de santé, le nombre de secteurs aux tableaux de garde médicale incomplets doit diminuer.
Quand on est médecin, on a des obligations. La garde fait partie de ces obligations.
En réalité, j’attends des agences régionales de santé qu’elles réconcilient l’organisation des soins et la maîtrise de la dépense : mieux organiser pour dépenser moins et apporter plus aux patients. J’attends des agences qu’elles contribuent à doter notre pays d’un système de santé performant, capable de s’adapter aux réalités de l’allongement de la vie et au défi du financement. Les agences sont la première pierre d’une recomposition plus large de notre système sanitaire. Alors je sais combien difficile est la réforme qui s'engage. Et Roselyne BACHELOT peut compter sur mon soutien parce que je m'y engage avec une détermination absolue. La santé est une préoccupation majeure pour les Français. C'est 200 milliard d'euros. Le Président de la République ne peut pas s'en désintéresser.
Chacun sait les réformes qui sont nécessaires et chacun un jour ou l'autre y a renoncé devant la difficulté. Mesdames et Messieurs, je suis venu ici dans cette ville et dans ce département vous dire que le mot renoncement ne fait pas partie de mon vocabulaire.
Je vous remercie.
vendredi 12 septembre 2008
Revalorisation des retraites agricoles : engagement tenu
Le Premier ministre a annoncé le 9 septembre à Rennes en présence de Michel Barnier la création d’un minimum retraites pour les agriculteurs aux retraites les plus faibles (celles des conjoints, veuves, etc.).
1,8 millions de personnes bénéficient d’une retraite de non salarié agricole.
La majorité des anciens agriculteurs et agricultrices ont une retraite très faible.
Le Président de la République s’était engagé à réduire les « poches de pauvreté » où se trouvent certains retraités agricoles exclus des mesures successives de revalorisations des retraites, en particulier, les veuves et les conjointes d'agriculteurs. Il avait ainsi déclaré il y a un an : « Je vais changer cette situation parce qu'elle est indigne. La revalorisation des petites pensions et le maintien du pouvoir d'achat des retraités agricoles seront au cœur de la deuxième étape de la réforme des retraites en 2008.» (Salon SPACE, Rennes, le 11 septembre 2007).
* * *
Un plan pluriannuel de revalorisation des retraites agricoles a été initié en 1994. Le plan avait pour objectif de porter au niveau du minimum vieillesse la pension de vieillesse des agriculteurs qui ont accompli toute leur carrière en agriculture.
Si sur ce point l'objectif du plan a été atteint, beaucoup d'exploitants et d'épouses d'exploitants à carrière incomplète n'ont pas bénéficié de majoration de pension.
* * *
1.ère mesure : la garantie d’un montant minimum de retraite
(633 € pour les agriculteurs et pour les veuves, 506 € pour les conjoints) pour les retraités à carrières complètes, et proportionnel à la durée de cotisation pour les carrières incomplètes.
Cette mesure s’adresse à tous ceux dont les pensions, tous régimes confondus, ne dépassent pas 750 €.
Elle sera réalisée en deux étapes :
- en premier lieu pour les exploitants et pour les veuves qui ont 22 ans et demi de cotisation ;
- la mesure sera ensuite étendue à tous ceux qui ont au moins 17 ans et demi de cotisations.
Cela concerne près de 233 000 personnes dont 196 000 dès 2009. Il s'agit d'abord des veuves exclues des mesures de revalorisation successives en raison des seuils d'accès très élevés (32 ans et demi de cotisations). Sur les 233 000 personnes qui en bénéficieront, 70 % sont des veuves.
2éme mesure : la réversion aux veuves de la retraite complémentaire obligatoire acquise à titre gratuit par leur conjoint.
64 000 veuves en bénéficieront.
vendredi 5 septembre 2008
Revenu de Solidarité Active
Encourager le retour à l’emploi
Le 28 août 2008, lors d’un déplacement à Laval, le Président de la République a annoncé la mise en place de Revenu de Solidarité Active (RSA) au 1er juillet 2009. Financé en partie par une taxation de 1,1% des revenus du capital, ce dispositif aura vocation à lutter contre la pauvreté et encourager le retour à l’emploi.
En France, on compte aujourd’hui quelques trois millions de travailleurs pauvres. Souvent en dessous du seuil de pauvreté, ces Français travaillent mais parce qu’à mi-temps ou à quart-temps, ne gagnent pas plus que s’ils touchaient le RMI et d’autres allocations.
Le Président de la République souhaite redonner au travail ses lettres de noblesse et faire en sorte qu’aucun Français qui travaille, gagne moins que s’il ne travaillait pas.
Les allocations existantes, (RMI, API…) permettent de ne pas rester sans ressource mais aucune incitation n’est faite pour un véritable retour dans la vie active, d’autant plus difficile si la rupture avec le monde du travail a été longue.
Le RSA est donc destiné à favoriser et à aider au retour à l’emploi les personnes en difficulté. Ce nouveau dispositif remplacera le RMI et l’Allocation parent isolé en permettant à une personne qui reprend un travail de conserver une partie de son allocation ou aux travailleurs pauvres de percevoir un complément à leur salaire.
Ainsi, le cumul entre le salaire et l’allocation a été fixée à 62%. Pour 100 euros de salaire, une personne qui touchait 100 euros de RMI avant son retour à l’emploi, pourra ajouter 38 euros à son salaire d’allocation RSA. Le travail sera donc plus rémunérateur que l’assistanat.
Le Président de la République a souhaité « une révolution complète dans la définition de nos politiques sociales », grâce à laquelle, le travail paie davantage que l’assistanat et où la reprise d’un travail ne fait pas perdre d’argent. C’est l’une des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy qu’il entend bien tenir.
Après les six mois de consultations et d’enquêtes sur le terrain du Grenelle de l’Insertion, le Président de la République a annoncé que le RSA serait financé grâce à un effort de solidarité. A partir du 1er janvier 2009, une taxe concernera les revenus du capital à l’exception de tous les livrets d’épargne et des revenus obligataires. Fixée au taux de 1,1%, cette taxe permettra de financer l’intégralité des crédits supplémentaires (1,5 milliard d’euros) dus au RSA.
Plus concrètement, un Français qui dispose de 100 000 euros de patrimoine et qui réalise entre 6000 et 8000 euros de plus value par an, versera entre 60 et 80 euros pour le financement du RSA.
Ramener les exclus et les personnes pauvres vers le travail, c’est également, à terme, le moyen d’alléger les charges qui pèsent sur les salaires et qui financent l’assistanat.
Un effort minime de solidarité est demandé aux Français. Nicolas Sarkozy a rappelé que « dans un contexte où depuis plusieurs années les salaires progressent beaucoup moins vite que les revenus du capital, dans un contexte où l’on explique aux salariés de tant d’entreprises qu’il n’y a pas de quoi augmenter les salaires en bas et qu’au même moment, on augmente la distribution des actions et les dividendes en haut, il n’est pas anormal que les revenus du capital soient mis à contribution pour revaloriser le travail des plus démunis ou des exclus ».
jeudi 7 août 2008
Crise mondiale : Vive le modèle français !
« Etatiste », « corporatiste », « élitiste », « protectionniste », le modèle français a fait l’objet de nombreuses critiques. Pas toutes injustifiées au demeurant. Aussi des « bons esprits » ont-ils proposé de mettre au rancart ce modèle français, qu’ils jugeaient périmé, pour mieux faire entrer la France dans l’avenir radieux de la mondialisation. Mais la hausse des prix des matières premières, la pénurie alimentaire et la crise financière de l’année 2008 ont rebattu les cartes. Aujourd’hui le principal atout de la France dans la nouvelle donne internationale, c’est le modèle français.
Explications :
La France est particulièrement bien placée pour faire face à la hausse des prix du gaz et du pétrole.
Nucléaire et TGV : réponse à la crise énergétique
Son parc de centrales nucléaires fait de la France le pays développé, de loin le moins consommateur de pétrole (et le plus faible émetteur de gaz à effet de serre) ; la France est par ailleurs le seul pays au monde à maîtriser l’ensemble de la filière nucléaire, à la fois civile et militaire, depuis la production et l’enrichissement de l’uranium jusqu’au retraitement des matières énergétiques.
Ceci n’a été possible que par l’alliance d’une volonté politique, celle du général De Gaulle, puis de Georges Pompidou, et d’une volonté technique, celle des grands corps d’ingénieurs, notamment des mines. Le tout avec la bénédiction tacite de la CGT… Bref, tout ce qui fait l’atout énergétique et écologique de la France, c’est ce qui est critiqué dans le modèle français…
Le même schéma se retrouve en matière d’infrastructure des transports ; la France dispose en effet d’un réseau particulièrement performant de routes et d’autoroutes mais aussi de voies de chemin de fer modernes. Quelle meilleure preuve du succès du TGV que de constater qu’Air France-KLM s’apprête à affréter des trains rapides pour relier entre elles ses plateformes aéroportuaires ? Là aussi ce résultat est le produit d’une alliance des décideurs politiques et des grands corps techniques.
Dans un cadre accordant une place plus grande à l’entreprise privée, c’est bien la même logique qui a permis la construction de ces grands groupes d’environnement que sont Véolia et Suez, ces cartes maîtresses de la présence française sur la scène mondiale.
L’agriculture protégée : atout face à la crise alimentaire
Voulue par le général De Gaulle et imposée à nos partenaires européens par les gouvernements successifs, la politique agricole commune (PAC) a coûté cher ; et pour cause : elle a consisté à maintenir en France et en Europe, pays à main-d’œuvre chère, une agriculture protégée, alors que les prix des produits alimentaires ont constamment baissé durant quarante ans.
Mais le maintien du paysage rural et la sauvegarde de l’indépendance sont des biens précieux. Les contribuables des quatre dernières décennies ont ainsi réalisé un investissement dont les Français et les Européens vont commencer à tirer profit. Malgré une situation de pénurie la France et l’Europe n’ont pas eu de soucis d’approvisionnement et la hausse des prix alimentaires a été amortie. Là aussi, la PAC a été emblématique du modèle français alliant volonté politique, corporatisme (la FNSEA)… et corps d’ingénieurs.
Crise financière et crise immobilière : la France relativement épargnée
Ayant poussé sans retenue la dérégulation financière, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres pays occidentaux se trouvent plongés dans une crise financière et immobilière profonde. Cette crise risque de connaître un nouveau développement avec la chute probable de nombreux acteurs du crédit à la consommation.
Certes, les banques françaises ont commis des imprudences en achetant des titres américains peu sûrs (les « subprimes ») et leurs courtiers (« traders ») ont parfois pris des risques inconsidérés sur les marchés spéculatifs ; mais les malheurs de la Société Générale, avec l’affaire Kerviel, sont anecdotiques à côté des pertes massives des grandes banques des places de New York, Londres ou Zurich, pertes qui dépassent largement les 1.000 milliards de dollars.
La raison de la meilleure tenue de la place bancaire de Paris est simple : les corps des finances et la Banque de France (malgré ou grâce à son archaïsme) ont maintenu un contrôle minimum sur les activités de crédit, ce qui a limité les dérives les plus dangereuses, notamment vis-à-vis des particuliers. Et le conseil ECOFIN du 8 juillet 2008 a repris les propositions françaises d’encadrement des activités des agences de notation dont la responsabilité dans la crise financière mondiale est grande. Bercy va d’ailleurs utiliser la présidence française de l’Union européenne pour faire avancer ses projets de mise en place d’une régulation financière plus rigoureuse.
La vulnérabilité du modèle français
Le rappel de ces avantages comparatifs du modèle français – énergétiques, environnementaux, alimentaires, financiers – ne doit pas conduire à un excès d’optimisme.
D’abord, parce que ces points de force remontent à des décisions lointaines : sous la IVe République et le début de la Ve République pour l’essentiel. Ainsi la France tire ce qui lui reste de puissance de choix effectués il y a plus de trente ans. En revanche, il est permis de s’interroger sur le passé proche : de quels grands atouts supplémentaires les dirigeants français ont-ils doté la France depuis 1981 ?
Ensuite, parce que la « rupture » sarkozienne n’est pas sans danger. Ainsi l’éditorialiste Roger Cohen de l’ « International Herald Tribune » se félicitait-il en 2007 de la destruction de « 10 tabous français » . Roger Cohen visait notamment « le tabou américain » (l’admiration pour le modèle anglo-saxon), « le tabou agricole » (l’éloignement de la France rurale), « le tabou de l’OTAN » (l’alignement sur Washington) et « le tabou de l’élitisme » (la méfiance du chef de l’Etat vis-à-vis des grandes écoles et son gouvernement de ministres sous-diplômés, à la « culture allégée »).
Il est toutefois permis de penser que le goût du média et de l’immédiat du nouvel exécutif aura du mal à malmener durablement et fondamentalement le modèle français : son origine politique remonte à l’Ancien Régime (de Philippe le Bel à Richelieu) et les grandes écoles et les grands corps qui structurent l’Etat et la nation sont souvent bicentenaires.
Or en histoire c’est le temps long qui compte le plus !
© Polémia
11/07/08
samedi 12 juillet 2008
Le capitalisme doit être moral
Prenant très clairement ses distances avec l’UIMM, « adhérent et non pas filiale » du MEDEF, Laurence Parisot, présidente du MEDEF, a dénoncé « un comportement méprisant et méprisable » et a demandé à tous les membres de l’UIMM « qui exercent des mandats nationaux dans des institutions au nom du MEDEF de remettre immédiatement leur mandat à disposition du MEDEF ».
Une fois de plus, la suspicion est jetée sur la morale de l’entrepreneur. Je comprends la colère de Laurence Parisot qui voit l’opinion publique rejeter sans distinction des pratiques immorales et le profit légitime, sans lequel aucune entreprise ne peut créer, progresser, employer et distribuer des bénéfices.
Nous souffrons trop en France de deux maux : le premier tient à une méfiance hypocrite à l’égard de l’argent, le deuxième à une très vieille tradition qui donne un grand prestige au service de l’Etat et un long mépris à l’égard du commerce. Le tout aboutit à ce que nous manquons d’entrepreneurs (on ne cesse de pleurer sur la faiblesse de nos PME, mais on critique abondamment les réussites de celles qui émergent), que même nos grandes entreprises sont dirigées par des hauts fonctionnaires, et que nos concitoyens souhaitent en majorité que leurs enfants entrent dans la fonction publique… Qui va créer les richesses de demain ?
Laurence Parisot n’appartient pas à ce sérail. Elle est issue d’une famille d’entrepreneurs, elle a elle-même dirigé des PME privées. Elle veut valoriser dans l’opinion le travail et la créativité, et elle représente une vraie chance pour le MEDEF de sortir enfin de cette image de grands patrons, et pour les entreprises françaises de changer leur image et d’apparaître enfin comme les créateurs de la richesse nationale.
La libre entreprise est le meilleur moyen de développer la prospérité qui profite à tous. Mais elle ne peut s’épanouir que dans un climat de confiance et d’honnêteté dont la loi est le garant. Les pratiques de l’IUMM sont un obstacle à la croissance française. Il faut les supprimer totalement.
Patrick Devedjian,
Secrétaire général de l'UMP,
vendredi 4 juillet 2008
Reforme Hospitalière
"Les hôpitaux devraient accumuler près de 1 milliard d'euros de déficit en 2008"
Les Echos, Le Quotidien du Médecin - 3 juillet 2008
"En dépit de parts de marché qui se tiennent mieux que prévu face à la concurrence des cliniques, la plupart des établissements hospitaliers ont voté des budgets 2008 en déficit et commencent à supprimer des emplois", constatent Les Echos. Selon un nouveau bilan établi hier par la Fédération Hospitalière de France (FHF), les établissements publics cumulaient ainsi 730 millions d'euros de déficit net fin 2007. "On sera entre 800 et 1 milliard d'euros de déficit fin 2008", prévient Yves Gaubert, délégué général adjoint de la FHF, ajoutant que "le problème, c'est que cette fois, les établissements n'ont plus de réserves". Alors que pour 2009, la FHF évalue à "4,15%" la hausse nécessaire des crédits pour les hôpitaux (et ce sans mesure nouvelle sur les dépenses), Roselyne Bachelot rétorque que les déficits ne sont pas inéluctables puisque, avec les mêmes règles tarifaires, certains établissements commencent aujourd'hui à dégager des excédents. Le quotidien relève toutefois que les "principaux établissements peinent à sortir du rouge". Interrogé par Le Quotidien du Médecin, Paul Castel, président de la Conférence nationale des directeurs généraux de CHU, la situation financière des hôpitaux est devenu aujourd'hui si mauvaise que la réforme doit aller désormais "très vite". Par ailleurs, selon un sondage Ipsos, seule une courte majorité de maires se dit opposée à la réforme de l'hôpital mais les principales mesures, à l'instar de la création de "communautés hospitalières" suscitent une large adhésion.mercredi 2 juillet 2008
dimanche 22 juin 2008
Traité de Lisbonne : le non des irlandais
Le président français a reproché au commissaire européen à l'Agriculture, Peter Mandelson, d'avoir favorisé le "non" irlandais au traité européen. "Mes épaules sont suffisamment larges et mon cuir suffisamment épais pour supporter cela", réplique l'intéressé.
Nicolas Sarkozy (Reuters)
Le président français reproche depuis longtemps au négociateur européen de faire trop de concessions pour parvenir à un accord sur le volet agricole du cycle de Doha.
Lors d'une conférence de presse improvisée dans la nuit de jeudi à vendredi au sommet européen de Bruxelles, il l'a accusé d'avoir inutilement inquiété les agriculteurs irlandais.
"M. Mandelson, par exemple"
A la question de savoir si le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pouvait être accusé d'avoir favorisé le "non" irlandais, qui plonge l'UE dans la crise, Nicolas Sarkozy a demandé d'aller voir, plutôt, du côté de Peter Mandelson.
"Le débat irlandais a porté sur l'avortement, l'euthanasie, sur un commissaire européen ou pas, sur la fiscalité, sur l'OMC, sur l'agriculture, je ne peux pas ramener ça à M. Barroso. A un autre, mieux, M. Mandelson, par exemple", a-t-il déclaré.
Quelque 10.000 agriculteurs irlandais ont manifesté à Dublin en avril contre le projet défendu par Mandelson de faire baisser les droits de douane sur les importations de boeuf, de produits laitiers et autres produits agricoles dans le cadre de l'OMC.
Les lobbies agricoles irlandais ont finalement renoncé à défendre le "non" au traité de Lisbonne après avoir reçu l'assurance de leur gouvernement qu'il refuserait tout accord à l'OMC qui serait contraire à leurs intérêts.
Le traité a finalement été rejeté le 12 juin par 53,4% des voix.
Peter Mandelson a répliqué à cette attaque frontale avec un flegme tout britannique lors d'une interview à la radio.
"Il faut noter que le président Sarkozy a été invité à pointer du doigt le président de la Commission et qu'il a, avec tact et diplomatie, choisi de me pointer du doigt à sa place", a-t-il dit. "Mes épaules sont suffisamment larges et mon cuir suffisamment épais pour supporter cela."
Barroso a volé au secours de son commissaire.
"Un super boulot"
"Je crois que Peter Mandelson fait un super boulot en notre nom à tous", a-t-il déclaré en soulignant que le Conseil européen de Bruxelles avait "à l'unanimité" soutenu la conclusion d'un accord à l'OMC. "Le travail d'un commissaire au Commerce extérieur est très difficile."
A Bruxelles, Nicolas Sarkozy a réitéré son opposition à un accord de l'OMC trop déséquilibré.
"Il serait totalement invraisemblable qu'on continue à vouloir négocier un accord où n'avons obtenu rien sur les services, rien sur l'industrie (...) et qui conduirait à baisser de 20% la production agricole dans un monde où il y a 800 millions de personnes qui meurent de faim", a-t-il estimé.
"Il y a un enfant toutes les 30 secondes qui meurt parce qu'il a faim et on irait négocier dans le cadre de l'OMC une réduction de la production européenne de 20% ? Il y a une personne qui est de cet avis, c'est M. Mandelson. Ce n'est pas la position de la France. Sur ces bases-là, pour nous c'est non", a-t-il ajouté.
"Si on veut accroître la crise irlandaise, il n'y a qu'à en remettre une couche là-dessus et continuer sur un accord complètement déséquilibré à l'OMC. C'est vraiment contre-productif", a-t-il insisté.
Peter Mandelson a, là aussi, réagi avec flegme.
"La France a une position nationale particulière dont je dois tenir compte mais qui ne doit pas dicter ma conduite", a-t-il déclaré en disant qu'il voulait un accord équilibré.
Michel Barnier a fait écho vendredi à Sarkozy, estimant que les conditions n'était pas réunies pour un accord équilibré dans le cadre des négociations de Doha, qui se déroulent à Genève.
"Nous sommes allés à l'extrême limite des avancées en prévision du cycle de Doha. Ça suffit. On ne va pas aller plus loin si les autres ne le font pas", a souligné le ministre français de l'Agriculture lors d'une conférence de presse à Paris.
"Chacun doit faire des efforts en même temps, et ce n'est pas encore le cas", a-t-il ajouté.
L'Organisation mondiale du Commerce (OMC) s'efforce sans succès de faire aboutir le cycle de Doha, lancé en 2001 dans la capitale du Qatar et dont l'objectif est de libéraliser davantage les échanges commerciaux mondiaux.
Les négociations opposent les pays en développement qui dénoncent les subventions agricoles des pays riches aux pays industrialisés qui réclament une baisse des barrières douanières pour leurs exportations de produits industriels et de services. (Reuters)
